Sommaire
- Où prendre la cote, sans se tromper de repère
- Quand la main courante est imposée, et quand il faut relire le texte
- ERP neuf
- Logement collectif et parties communes
- Accessibilité PMR et prolongements
- Lieu de travail
- Maison individuelle
- Préhension : ce que la main doit pouvoir faire
- Continuité, prolongements et double main courante
- Main courante, rampe, garde-corps : ne pas confondre
- Les cas qui piègent
- Si votre escalier sort du cas standard
- Ce qu’on risque quand la cote est mal lue
- Récapitulatif : cas, obligation et texte
- Pour aller plus loin
La règle en bref
La main courante d’escalier se lit au nez de marche. Dans un escalier d’ERP neuf, la cote utile est entre 0,80 m et 1,00 m, avec une main courante de chaque côté et un prolongement horizontal de la longueur d’un giron en tête et en pied de volée. Pour la hauteur de la main, c’est ce repère qui compte, pas le sol du palier.
- 0,80 à 1,00 m
- au nez de marche
- de chaque côté
- dans un ERP neuf
- continue
- sur toute la volée
- 1 giron
- de prolongement en tête et en pied
- préhensible
- sans arête vive
Où prendre la cote, sans se tromper de repère
Le point de départ, c’est le nez de marche : l’arête avant de chaque marche. On ne mesure ni depuis le sol du palier, ni depuis le support mural, ni depuis une marche prise au hasard.
On suit la pente de l’escalier, puis on prend la cote à la verticale jusqu’au dessus de la main courante. Cette verticale évite les erreurs dès que l’escalier est tournant, avec un quart tournant ou des marches balancées : une mesure prise depuis le sol finit vite à côté.
| Repère | Ce que vous faites |
|---|---|
| Ligne des nez | Vous reliez les arêtes avant des marches |
| Verticale | Vous prenez la cote à la verticale depuis le nez de marche |
| Hauteur utile | Vous lisez entre 0,80 m et 1,00 m au dessus du nez de marche |
Ce qui piège le plus souvent : confondre la cote de la main courante avec celle d’un élément posé au bord du palier. Sur un palier, une terrasse ou un balcon, la mesure se fait depuis le sol fini. Pour l’escalier, non.
Le texte de référence pour un établissement recevant du public (ERP) neuf reste l’article 7-1 de l’arrêté du 20 avril 2017. Si vous ne retenez qu’un chiffre : 0,80 m au nez de marche.
Elle est située à une hauteur comprise entre 0,80 m et 1,00 m mesurée depuis le nez de marche.
Quand la main courante est imposée, et quand il faut relire le texte
La règle n’a pas la même portée selon le bâtiment : ERP, logement collectif, accessibilité PMR, lieu de travail et maison individuelle relèvent de textes différents. La bonne norme, c’est celle du cas réel.
ERP neuf
Dans un ERP neuf, l’escalier reçoit une main courante de chaque côté, continue, rigide, facile à saisir, avec un prolongement horizontal de la longueur d’un giron en tête et en pied de volée. Elle doit aussi se repérer visuellement : une couleur contrastée aide les personnes malvoyantes.

Dans un escalier à fût central (le noyau autour duquel tournent les marches), un fût de diamètre inférieur ou égal à 0,40 m n’exige qu’une main courante, sur le mur extérieur. Une discontinuité côté mur est admise dans certains cas si elle reste inférieure à 0,10 m. On relit le texte, on regarde l’ouvrage, puis on tranche.
Logement collectif et parties communes
L’arrêté du 24 décembre 2015 fixe la règle des escaliers de parties communes : cote de 0,80 à 1,00 m, main courante de chaque côté, prolongement horizontal de la longueur d’une marche au-delà de la première et de la dernière marche.
La largeur minimale est de 1,00 m entre mains courantes, ou entre la main courante et le fût central lorsqu’une seule main courante est installée. Face à une copropriété existante, identifiez d’abord le texte applicable avant de parler de cote ou de continuité.
Accessibilité PMR et prolongements
Le prolongement sert à accrocher la main avant la première marche et à garder l’appui après la dernière, au moment où le corps se met en mouvement.
Dans les ERP neufs, il est horizontal et fait la longueur d’un giron. Dans les bâtiments d’habitation collectifs neufs, il fait la longueur d’une marche. Prenez la valeur de l’article applicable à votre cas, puis gardez la même logique sur toute la volée. Le prolongement ne doit pas créer d’obstacle dans la circulation horizontale.
Lieu de travail
Les locaux de travail relèvent du Code du travail. Nous ne figeons pas de cote unique : elle dépend de la destination du local, de l’accessibilité attendue et des règles de sécurité du bâtiment. Une main courante en acier, inox ou aluminium ne se traite pas pareil selon le support, la corrosion et la résistance mécanique attendue.
Maison individuelle
Pour une maison individuelle neuve visée par l’arrêté du 24 décembre 2015, l’escalier intérieur inséré entre parois pleines comporte au moins une main courante. Sans paroi d’un côté, le garde-corps tient lieu de main courante.
Pour une maison existante hors travaux soumis à ces règles, la vérification se fait au cas par cas : règlement applicable, sécurité d’usage, assurance. La fourchette de 0,80 à 1,00 m reste un bon repère, surtout pour des enfants ou des invités âgés. Pour le dessin des marches, voyez aussi comment calculer son escalier.
Préhension : ce que la main doit pouvoir faire
La main courante sert à être saisie vite, sans chercher la prise. Une section ronde, ovale ou rectangulaire de largeur raisonnable se saisit mieux qu’un profil trop large ou trop anguleux.
Les textes consultés demandent une main courante facilement préhensible, sans donner de diamètre unique. Les repères de prise : la main doit pouvoir se refermer, les doigts trouver une accroche, et le profil ne pas blesser la paume.
La distance au mur compte aussi. Trop proche, les doigts coincent ; trop éloignée, la prise devient flottante. Gardez un jeu suffisant pour passer les doigts derrière la main courante, puis vérifiez dans le texte ou le cahier des charges applicable.
| Cote | Ce qu’on cherche |
|---|---|
| Section | Une prise franche, sans arête vive |
| Distance au mur | Assez d’espace pour les doigts |
| Continuité | Une saisie possible sur toute la volée |
Une main courante trop large, trop carrée ou mal dégagée du mur peut être conforme sur le papier et mauvaise dans la main.
Continuité, prolongements et double main courante
La main courante reste continue : pas de rupture au milieu d’une volée, pas de trou de prise au mauvais endroit. On la perd vite si l’ouvrage est encombré, si la montée tourne ou si la rampe croise un retour de mur.
En tête et en pied de volée, le prolongement prépare la prise au départ et à la sortie. Dans un ERP neuf, une main courante de chaque côté est demandée, avec 1,20 m minimum entre mains courantes. La double main courante devient pertinente quand le passage, l’usage ou le règlement l’exigent, mais elle ne dispense pas de lire le texte.
Main courante, rampe, garde-corps : ne pas confondre
Le mot rampe désigne selon les usages la main courante, le garde-corps, ou l’ensemble. La main courante sert à se tenir ; le garde-corps empêche la chute dans le vide. Un même ouvrage peut remplir les deux rôles, sans automatisme.

Dès que l’ouvrage protège une chute, le garde-corps a ses propres références : NF P01-012 pour les dimensions, NF P01-013 pour les essais.
Main courante
- On la saisit pour monter et descendre.
- Elle suit la volée.
- Elle doit rester continue et préhensible.
Garde-corps
- Il protège contre la chute.
- Il a sa propre hauteur réglementaire.
- Il peut tenir lieu de main courante si sa prise le permet.
Un garde-corps bien dimensionné ne devient pas une bonne main courante par effet de vocabulaire, quels que soient le métal ou le remplissage.
Les cas qui piègent
- Escalier extérieur : mêmes cotes, mais matériau, corrosion et fixation ne se traitent pas comme en intérieur.
- Palier et circulation horizontale : la mesure se fait depuis le sol fini.
- Quart tournant et marches balancées : la cote suit la ligne des nez, pas le bord apparent d’une marche.
- Escalier à fût central : la continuité peut différer d’un côté à l’autre.
- Garde-corps qui sert de main courante : on retient la règle la plus exigeante des deux fonctions.
- Barreaux ou poteaux verticaux : la disposition doit laisser une prise claire.
- Remplissage en verre : parement très lisse, la main doit trouver ailleurs sa prise.
- Rénovation : on vérifie le texte applicable avant de reproduire un montage existant.
Une main courante trop basse se rattrape mal, et une prise mal dégagée du mur se sent dès le premier passage.
Si votre escalier sort du cas standard
- Relevez la cote au nez de marche et identifiez le type de bâtiment.
- Repérez le texte applicable : ERP, logement collectif, lieu de travail, ou autre cas prévu.
- Pour un ERP, rapprochez-vous de la mairie ou de la commission d’accessibilité avant de figer le dessin.
- Pour toute fixation qui porte, faites valider l’assemblage par un bureau d’études ou un professionnel qualifié. Nous ne donnons ici ni portée ni charge.
Une main courante tient parce que son support tient : le tube peut être très propre, si la fixation ne suit pas, l’ensemble perd sa fonction.
Ce qu’on risque quand la cote est mal lue
Sur un ERP, le Code de la construction et de l’habitation prévoit des sanctions pénales en cas de non-respect des règles d’accessibilité : jusqu’à 45 000 € pour une personne physique et 225 000 € pour une personne morale.
Pour un logement collectif ou une maison, le risque prend souvent la forme d’un accident, puis d’une responsabilité civile qui s’ouvre très vite.
Récapitulatif : cas, obligation et texte
| Cas | Main courante | Cotes à retenir | Texte de référence |
|---|---|---|---|
| ERP neuf | Obligatoire, de chaque côté | 0,80 à 1,00 m au nez de marche, prolongement d’un giron, 1,20 m minimum entre mains courantes | Arrêté du 20 avril 2017, art. 7-1 |
| Logement collectif, parties communes | Obligatoire, de chaque côté | 0,80 à 1,00 m, prolongement de la longueur d’une marche, 1,00 m minimum entre mains courantes | Arrêté du 24 décembre 2015 |
| Accessibilité PMR | Prolongements en tête et en pied selon le texte applicable | ERP neuf : un giron ; logement collectif neuf : une marche | Arrêté du 20 avril 2017, art. 7-1 ; arrêté du 24 décembre 2015 |
| Lieu de travail | Voir le texte applicable au bâtiment et à l’usage | Pas de cote unique donnée ici | Code du travail et règles de sécurité applicables |
| Maison individuelle neuve | Au moins une main courante entre parois pleines ; garde-corps tenant lieu de main courante côté ouvert | Repère utile : 0,80 à 1,00 m | Arrêté du 24 décembre 2015 |
Textes vérifiés le 1er novembre 2026 : arrêté du 20 avril 2017, art. 7-1 ; arrêté du 24 décembre 2015 ; Code de la construction et de l’habitation, art. L183-4.
Pour aller plus loin
- Garde-corps et escaliers métalliques : normes, remplissages et matériaux
Hauteurs, normes et remplissages
Sources
- Arrêté du 20 avril 2017 relatif à l'accessibilité aux personnes handicapées des établissements recevant du public lors de leur construction et des installations ouvertes au public lors de leur aménagement, Légifrance.
- Arrêté du 24 décembre 2015 relatif à l'accessibilité aux personnes handicapées des bâtiments d'habitation collectifs et des maisons individuelles lors de leur construction, Légifrance.
- Article L183-4 - Code de la construction et de l'habitation, Légifrance.
- NF P01-012 - Dimensions des garde-corps - Règles de sécurité relatives aux dimensions des garde-corps et rampes d'escalier, AFNOR Editions.
- Norm'Info - Norme NF P01-013 - Essais des garde-corps - Méthodes et critères, AFNOR Norm'Info.
- L'accessibilité des établissements recevant du public (ERP), Ministères Transition écologique, Aménagement du Territoire, Transports, Ville et Logement.
Sources consultées le 1 novembre 2026.