Sommaire
- Les familles de filetage et leur logique
- Identifier un filetage pièce en main
- 1. Mesurer le diamètre extérieur
- 2. Vérifier le pas
- 3. Regarder l’angle
- 4. Cylindrique ou conique
- Lire une désignation sans se tromper
- BSPP, BSPT, NPT : qui assure l’étanchéité
- Gaz cylindrique : G
- Gaz pour joint étanche sur le filet : R, Rp et Rc
- NPT
- Quelle famille pour quel usage
- Les erreurs qui font rater l’achat
- Préparer l’achat sans se tromper
- Récapitulatif utile
- Questions fréquentes
En bref
Pour identifier un filetage, retenez l’ordre utile : diamètre, pas, angle, puis forme. C’est ce qui sépare métrique, gaz, NPT, UNC et UNF.
En tuyauterie, le gaz sert souvent en Europe, avec joint en cylindrique et étanchéité au cône en conique. Pour la visserie, la métrique ISO reste le standard de base, côté vis et écrou.
Le piège le plus courant : se fier au diamètre seul. Un 1/2 en raccord n’est pas le diamètre extérieur du filet, mais une désignation nominale de tube.
Vous avez un raccord, une vis, un écrou ou un embout en main, et il faut acheter la bonne pièce sans fuite ni blocage. Nous allons droit au but : d’abord les familles, puis la méthode pour trancher pièce en main.
C’est le genre de détail qui évite d’abîmer un filetage encore bon pour rien.
Les familles de filetage et leur logique
Un filet est la rainure hélicoïdale d’une vis, d’un tuyau fileté ou d’un écrou. Le pas est la distance entre deux filets voisins.
En métrique, il se lit en millimètres. Dans les familles en pouces, il se lit en nombre de filets par pouce. C’est une langue de mesure différente, mais la logique reste la même : choisir la bonne série avant d’usiner ou de fileter une pièce.
| Famille | Unité du pas | Angle | Forme | Usage | Norme de référence |
|---|---|---|---|---|---|
| ISO métrique, pas gros (M) | mm | 60° | cylindrique | Visserie et assemblage courant | ISO 261:1998 et ISO 724:2023 |
| ISO métrique, pas fin (M x pas) | mm | 60° | cylindrique | Assemblage qui doit mieux tenir aux vibrations | ISO 261:1998 et ISO 724:2023 |
| Gaz cylindrique (G) | filets par pouce | 55° | cylindrique | Raccords de tuyauterie, le joint assure l’étanchéité | ISO 228-1:2000 |
| Gaz pour joint étanche sur le filet (R, Rp, Rc) | filets par pouce | 55° | R mâle conique, Rp femelle cylindrique, Rc femelle conique | Raccords de tuyauterie, étanchéité sur les filets avec produit adapté | ISO 7-1:1994 |
| NPT | filets par pouce | 60° | conique | Équipements d’origine américaine, air comprimé | ASME B1.20.1 |
| UNC | filets par pouce | 60° | cylindrique | Visserie en pouces, pas gros | ASME B1.1 |
| UNF | filets par pouce | 60° | cylindrique | Visserie en pouces, pas fin | ASME B1.1 |
Les références ISO changent par version. Nous gardons ici les familles et les valeurs utiles, pas le texte de la norme. C’est suffisant pour identifier la pièce, pas pour rédiger un dossier de conformité.
Le filetage Whitworth, ancêtre du gaz, garde lui aussi un angle de 55°. Vous le croiserez surtout sur du matériel ancien, sur une machine industrielle importée ou sur des pièces qui ont déjà circulé entre plusieurs montages.
Sur l’établi, c’est souvent là que les confusions commencent.
Pour lire ce tableau, partez de la différence entre pas gros et pas fin. À diamètre égal, le pas fin donne des filets plus serrés. Il peut aider quand on cherche un serrage plus progressif ou moins sensible au desserrage, mais il demande un filet propre et un appairage exact.
Le pas gros se visse plus vite et tolère un filet un peu sale. Le tableau des pas métriques donne les valeurs utiles de chaque diamètre.
Un point pratique, et on s’y trompe souvent : en tuyauterie, on mélange les désignations de raccords, de bouchons et de filetage. Gardez l’ordre de lecture.
D’abord le système de filetage, ensuite seulement le raccord. C’est la logique du dossier tuyauterie : matériau, diamètre, raccord, puis assemblage.
Identifier un filetage pièce en main
Cette méthode se fait sur un filet propre et non écrasé. Elle marche pour la visserie comme pour les raccords de tuyau.
Il vous faut un pied à coulisse et une jauge de pas, aussi appelée peigne à filets. Sans ces deux outils, on devine plus qu’on ne mesure.
1. Mesurer le diamètre extérieur
Sur un filetage mâle, mesurez le diamètre au pied à coulisse, sur le sommet des filets.
Rapprochez la cote d’une taille métrique connue, ou d’une fraction de pouce si la pièce vient d’un matériel anglo-saxon.
Si la valeur tombe entre deux tailles métriques sans coller franchement, pensez gaz ou pouces avant de forcer la lecture.
2. Vérifier le pas
Posez la jauge sur le filet et essayez plusieurs lames jusqu’à ce que les dents s’emboîtent sans jour.
Si la lame est graduée en millimètres, vous êtes dans la logique métrique. Si elle est graduée en filets par pouce, vous êtes dans une famille en pouces : gaz, UNC, UNF ou NPT. En pratique, ce simple contrôle sert à choisir sans hésiter entre un raccord BSP et un filet métrique.
Le piège classique est là : un M8 a un pas gros de 1,25 mm. Il n’est pas un 5/16 en pouces, même si les diamètres paraissent proches.
Le diamètre ressemble, le montage ne pardonne pas.
3. Regarder l’angle
Un filet à 60° oriente vers la métrique, l’UNC, l’UNF ou le NPT.
Un filet à 55°, avec un sommet plus arrondi, oriente vers le gaz ou le Whitworth.
L’œil seul ne tranche pas. Prenez la jauge ou un gabarit, sinon vous confondez vite deux familles qui n’ont pas la même logique de serrage.
4. Cylindrique ou conique
Mesurez le diamètre à deux endroits, au bout du filet puis à sa base.

Sur un filet cylindrique, les deux cotes restent proches. Sur un cône, l’écart se voit.
Une pièce conique ne se comporte pas comme un cylindre : l’étanchéité se fait par le serrage du cône et du produit d’étanchéité dans les filets, pas par le simple fait de visser jusqu’au bout.
Ajoutez un dernier réflexe, le sens. Un filet est à droite par défaut, donc il se serre dans le sens horaire. Un filet à gauche se repère par un marquage, ou par un essai de serrage dans l’autre sens.
Ne forcez jamais au jugé. Un filetage abîmé ne se rattrape pas en serrant plus fort.
Si vous voulez une lecture rapide, gardez cette grille en tête :
- pas en mm + 60° + cylindrique = métrique
- pas en filets par pouce + 55° + cylindrique = gaz cylindrique
- pas en filets par pouce + 60° + conique = NPT
Lire une désignation sans se tromper
Une désignation métrique se lit en trois morceaux. Dans M8x1,25, la lettre donne la famille, 8 est le diamètre extérieur en millimètres et 1,25 est le pas.
Le pas gros n’est pas toujours écrit. M8, par défaut, suffit souvent. Pour savoir si une vis est un M8 ou un M10, on mesure le diamètre, puis on confirme le pas.
Les désignations de tuyauterie suivent une autre logique. Dans G1/2, Rp 1/2, R 1/2 ou 1/2 NPT, la taille désigne le diamètre nominal du tube, pas le diamètre extérieur du filet.
Un filet G1/2 mesure autour de 21 mm, bien plus qu’un demi-pouce. Voilà la source de la plupart des erreurs d’achat.
Ce qui fait rater : un filet gaz de 3/8 ou de 1/2 peut ressembler à certains filets métriques à l’œil, souvent autour de 17 ou 21 mm, mais le pas et l’angle ne sont pas les mêmes.
Un diamètre proche ne prouve rien. Seul le pas tranche vraiment.
En pouces, la désignation donne souvent une fraction de pouce puis le nombre de filets par pouce, par exemple 1/4-20 UNC.
Retenez aussi le vocabulaire : le filetage extérieur est la partie mâle, la partie femelle est dans l’écrou ou le raccord, et le taraudage désigne le filetage intérieur obtenu pour usiner ou réparer une pièce. C’est simple, mais on inverse encore les deux sur beaucoup d’emballages.
Quand la pièce porte un marquage sale, peint ou presque illisible, gardez la même logique : famille, diamètre nominal, pas, forme.
La lecture complète vaut mieux qu’une supposition. Sur une pièce ancienne, l’usure brouille facilement les repères.
BSPP, BSPT, NPT : qui assure l’étanchéité
La forme du filet décide de qui fait l’étanchéité. C’est la vraie différence entre un raccord qui tient et un raccord qui suinte.
Gaz cylindrique : G
Le gaz cylindrique (G, ISO 228-1:2000) sert à maintenir les pièces ensemble. Le filet ne fait pas l’étanchéité.
Celle-ci vient d’un joint plat ou torique, comprimé sur des surfaces d’appui hors filets. Si le joint est marqué, le bon filetage ne sauvera pas le montage.
On voit souvent ce défaut sur des raccords démontés plusieurs fois, surtout sur des tuyaux d’eau ou d’air où l’on a déjà resserré fort.
Gaz pour joint étanche sur le filet : R, Rp et Rc
Le gaz selon ISO 7-1:1994 sert aux assemblages où le joint étanche se fait sur les filets. La désignation compte : R est un filetage extérieur conique, Rp un taraudage intérieur cylindrique et Rc un taraudage intérieur conique.
Le serrage fait le travail avec un produit d’étanchéité sur les filets, comme du ruban PTFE ou une pâte adaptée.
Là aussi, la propreté compte : copeau, bavure ou corrosion faussent le contact.
NPT
Le NPT est conique lui aussi, mais à 60°, contre 55° pour le gaz. Les deux ne se vissent pas ensemble de façon fiable, même si les premiers tours semblent propres.
C’est le genre de montage qui donne l’illusion d’être bon jusqu’au premier essai sous pression.
Ce qui piège : visser un conique mâle dans un cylindrique femelle peut sembler tenir. En réalité, l’étanchéité reste aléatoire si le couple de filetages n’est pas prévu pour cet assemblage.
Pour les tailles et les usages, le plus sûr est de partir du système de filetage, puis du type de raccord. Pour aller plus loin, voyez le filetage gaz en détail.
Sur une conduite de gaz ou d’eau sous pression, la conformité du raccord relève du professionnel qualifié. Nous restons sur l’identification et le choix de la bonne famille, pas sur un montage laissé au hasard.
Quelle famille pour quel usage
Si vous assemblez de la structure ou de la visserie courante en Europe
métrique ISO, avec pas gros sauf indication contraire.
Si vous raccordez de la plomberie, du chauffage, un compresseur, un robinet ou un tuyau d’eau
gaz, cylindrique avec joint ou conique avec produit d’étanchéité.
Si la pièce vient d’un équipement américain, d’un compresseur ou d’un matériel importé
suspectez le NPT.
Si la vis est en pouces, sur du matériel anglo-saxon ou ancien
UNC ou UNF.
Si vous hésitez
mesurez le pas avant d’acheter, pas après.
Cette logique évite l’achat au jugé. Le bon réflexe n’est pas d’emporter seulement une cote approximative, mais la pièce témoin elle-même, propre et identifiée.
Une photo aide, mais elle ne remplace pas la mesure.
Si la pièce doit être reprise, taraudée ou remplacée, gardez la même règle : la partie femelle doit appartenir au même système que la partie mâle.
Un taraud métrique ne remplace pas un taraud gaz, et un raccord gaz ne rattrape pas un filetage métrique abîmé. On repart toujours de la famille, pas de l’espoir.
Les erreurs qui font rater l’achat
Le premier piège, c’est de se fier au diamètre seul. Deux filets de diamètre voisin peuvent appartenir à des familles différentes.
Le second, c’est de confondre 55° et 60° à l’œil, surtout entre gaz et NPT. Le troisième, plus banal, consiste à forcer un raccord qui prend sur deux filets puis bloque.
À ce stade, on a déjà commencé à abîmer les sommets de filets.
Autre erreur fréquente : oublier le sens du filet, ou mesurer une pièce encrassée, peinte, écrasée. La rouille et la peinture suffisent à fausser la lecture.
Un filet propre se lit vite. Un filet sale, lui, raconte n’importe quoi.
La parade reste la même : mesurer le pas à la jauge, apporter la pièce de rechange chez le vendeur et comparer pièce contre pièce.
Si la pièce est ancienne, nettoyez les filets avant la mesure. On gagne du temps, et on évite de repartir avec une pièce presque bonne, donc inutile.
Préparer l’achat sans se tromper
Avant de partir, notez trois choses sur une feuille ou dans le téléphone : le diamètre mesuré, le pas trouvé à la jauge, la forme, cylindrique ou conique.

Si vous pouvez, ajoutez une photo de face et une photo de profil. Avec ces indices, le risque d’erreur baisse au comptoir.
Pour une visserie courante, la lecture va vite. Pour un raccord de tuyauterie, surtout s’il est ancien, prenez le temps de comparer la pièce avec une pièce de même famille au lieu de retenir seulement la cote.
C’est plus long, mais bien plus sûr que de recommencer l’achat deux fois.
Si vous devez tarauder ou reprendre un filetage, la logique ne change pas. La partie femelle doit être du même système que la partie mâle.
Un mauvais système au départ ne se corrige pas à la clé plate.
Récapitulatif utile
| Critère | Quoi regarder | Pourquoi c’est décisif |
|---|---|---|
| Diamètre | Cote au pied à coulisse, proche d’une taille métrique ou d’une fraction de pouce | Le premier tri entre les familles |
| Pas | Jauge en mm ou en filets par pouce | C’est le critère qui sépare vraiment les systèmes |
| Angle | 60° ou 55°, avec une jauge ou un gabarit | Il évite la confusion gaz, métrique, NPT |
| Forme | Diamètre identique ou non à deux endroits | Il dit si l’étanchéité vient d’un joint hors filet ou du serrage des filets |
| Sens | Marquage ou essai de serrage | Il évite de forcer dans le mauvais sens |
| Désignation | M8x1,25, G1/2, 1/4-20 UNC | Il confirme la famille avant l’achat |
Si vous ne retenez qu’un chiffre, retenez celui du pas. C’est lui qui évite le plus d’erreurs d’achat, parce qu’il sépare des pièces qui se ressemblent au diamètre mais pas au montage.
Questions fréquentes
Quel est le filetage standard ?
La métrique ISO pour la visserie courante, le gaz pour les raccords de tuyauterie en Europe.
Comment savoir si c’est du M8 ou du M10 ?
Mesurez le diamètre extérieur au pied à coulisse, puis le pas à la jauge. Un M8 en pas gros est à 1,25 mm, un M10 en pas gros à 1,5 mm.
Quelle différence entre filetage et taraudage ?
Le filetage extérieur est la partie mâle, sur la vis ou le tube. Le taraudage est la partie femelle, dans l’écrou ou le raccord.